July 20, 2009

Hymne à Elle…

Songeuse devant cet écran banal, je médite sur Son absence…
Trop longtemps je l’ai attendue ; trop souvent je l’ai guettée… A bout de force et de larmes, au bord du désespoir je plaide naïvement qu’Elle vienne rapidement à mon secours… On me dit que c’est trop tard… je l’ai perdue. Pire. Je suis perdante.

Désormais Elle ne reviendra plus. Je suis un produit infecte dans un inventaire périmé...un genre de marchandise pitoyable qu’Elle méprise et dont Elle se moque.

On me traite de métamorphosée voire d’anti-christ. On me bannit de mon monde originel, ce monde auquel j’aspire, là ou résident mes folies, mes joies et mes espérances… ce monde d’artiste qui m’a vue naître, évoluer et produire.
On me répète que l’enfant prodigue est une invention post-modernisme et révolue… je ne suis plus la bienvenue….

Mais je l’espère toujours… Elle est au centre de ma hantise et je persévère à la voir renaître…
Au loin j’entends ces voix odieuses du cynisme et de la raison : Cède a ton environnement ! Succombe à cet univers ingrat et mécanique ! Sois un pion au service de l’opportunisme des uns et de l’hypocrisie des autres. Simplement survis.

Je refuse. Je m’obstine. Je m’acharne dans mon idéalisme. L’adolescente éternelle et sulfureuse ne courbera pas face à cette défaite absurde ! Je préfère périr pleinement dans mes désillusions fertiles plutôt que vivre une réalité frustrée qui n’est pas la mienne.

A bas le cynisme, je suis révolutionnaire ! Je tente le diable, je provoque, je lance les dés… Incitée, Elle se met au jeu. Elle connaît les règles ; mieux, Elle a l’expérience de mes faiblesses, de mes failles et de mes vulnérabilités. Elle se fait précieuse. Elle me taquine. Elle marchande avec mes émotions, Elle négocie avec mon âme. Elle a l’avantage, Elle qui me connaît plus que n’importe qui.

Je suis une accroc, une dépendante… une intoxiquée. A la fois, Elle me définit et m’illégitime à son gré.


Soudainement, je réalise que l’encre défile et la page s’étoffe… Les poignets qui m’asphyxient se relâchent. Lentement, je grimpe du fond de ma noyade. Les eaux s’ouvrent au milieu du déluge qu’est mon quotidien et j’expire. Je revis. J’écris !

Ma peau capitule aux frémissements de l’émotion, mon sang oxygéné bouille à nouveau et mon cœur bat en unisson avec Elle.

« Au loin les cloches de mon quartier résonnent »…Il y’a de cela une heure, je méditais sur ces mots et sur ma spiritualité disparue…
Maintenant, je prie si fort qu’Elle reste, qu’Elle m’apaise et m’attendrisse. Je ne veux plus la perdre… je ne peux plus la perdre. Je péris en son absence et je rayonne en sa présence. Elle qui réside dans ces verres qu’on me loue parfois, ces syllabes qui cavalent au bout de mes doigts, ces mélodies qui m’enveloppent, et ces rimes qui se composent… Elle est spirituelle par définition. Elle est création. Elle est unique : mon Inspiration.

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