Acrobate qui jongle, au loin la lune scintille
Edith Piaff ronronne, le monde soudain faiblit
Mais trente chocs en deux ans et personne ne songe
Au désastre inédit qui saillit et qui ronge.
Blasés, écœurés, la sensibilité s’efface
Quand le deuil récurrent s’affirme à sa place
Le premier mort on pleure, le second on frémit
Le troisième immunise, le reste anesthésie.
On fait semblant de rien quand le trentième retentit
Le malheur se retire derrière l’horreur qui asphyxie.
A quoi bon espérer, notre étoile en otage
De renards féodaux qui occasionnent les mirages.
Dans l’attentisme aigu, on défile automates
Suppliant un réveil vif d’un cauchemar qui dilate.
January 23, 2008
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1 comment:
This poem reminds me a lot of Emile Nelligan... a quebecois poet who uses very similar imagery (as far as I can remember). While your pieces allude a lot to the harshness of life in Lebanon.. his are more about the loneliness and the harshness of the cold and stark life in Quebec in the 1800s...
Here is one of his poems...
Émile Nelligan (1879-1941)
Ah comme la neige a neigé
Ma vitre est un jardin de givre
Ah comme la neige a neigé
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ah la douleur que j'ai que j'ai!
Tous les étangs gisent gelés
Mon âme est noire où vis-je où vais-je
Tous mes espoirs gisent gelés
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.
Pleurez oiseaux de février
Au sinistre frisson des choses
Pleurez oiseaux de février
Pleurez mes pleurs pleurez mes roses
Aux branches du genévrier.
Ah comme la neige a neigé
Ma vitre est un jardin de givre
Ah comme la neige a neigé
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ah tout l'ennui que j'ai que j'ai.
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