December 18, 2007

Dilemmes locaux

Décembre : je suis de retour en terre damnée... ce pays m’inspire l'esquisse d'une nouvelle qui porterait le nom d’ "intoxication légitime". Voila en huit syllabes abruptes le quotidien du peuple libanais...
Dans un organisme où se prolifèrent vertigineusement des cellules cancéreuses, la condition fatale incite au vice, à l’autodestruction, au dernier recours. Tout devient dès lors permis.
La science, le progrès, les institutions, les scrupules, les ceintures de sécurité (au sens propre et figuré) ne sont qu'un luxe que nous autres engouffrés ne pouvions nous permettre... En guerre comme en amour, tous les moyens sont bons pour vaincre.
Quand l’ultime souffle menace dans une foule de cyniques, vaut mieux s’esquiver avec des remords qu'avec des regrets... Bien entendu, on fume pour se lamenter et paraître davantage pitoyable ; insoucieux on bannît les lois qui veulent gérer les ébats passionnés présumant qu’une atteinte plus créative que virale déciderait de notre destin.
On redéfinit les limites de vitesses routières afin qu'elles s'accommodent à nos états d'âmes plutôt que sévisse un code pénal déjà si précaire. Et le pays régresse et régresse jusqu'à son effondrement à une vitesse inversement proportionnelle à celle qui régit l'escalade prospère des pays qui l'entourent.Maudits d'un cortège cérébral qui alimente une lucidité atroce, on assiste inertes à l'amnésie collective de ceux qui nous gouvernent. S’activer ne servirait qu’à croître une métastase institutionnelle démesurée. Par contre, on aspire à l’unisson à l'euthanasie de la formule libanaise. Et si quelqu'un assistait ce gouvernement de plantons à orchestrer un suicide collectif…

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